Thémis,  díkē in Greece and Ius the oath in Rome

Gortyne, le pietre che parlano

Gortyne, le pietre che parlano

in Vocabulary of Indo-European institutions – Emile Benvéniste – Laws or rules are crucial to Indo-European studies: they constrain the reconstructions and etymologies on which our knowledge of the history and prehistory of ancient languages is based, and they allow processes of morphological change, semantic shift, and borrowing to be identified. Their relevance results from the recognition that phenomena such as sound change tend to be regular, and this in turn leads, for example, to the principle that etymologies are possible only if the sound changes they require apply to all relevant examples in the language in question.

All human societies are governed by legal principles for people and goods. These rules and standards emerge in vocabulary. Since the rise of the Indo-European State, one may assume the existence of an extremely important concept: “law and order”. That is one of the cardinal notions of the legal world, religious and moral of the Indo-Europeans: the order rules both the relations between men and Gods and the relations among men. Nothing that affects men, the world, escapes the power to “order”: without this principle, everything would return to chaos.

In Greek, the word thesmos signifies “legal provision, rule, standard” and there is another extremely important term thémis. Thémis appoints family law, and oppose diké the law between the families of the tribe. Moreover, thémis is of divine origin; in the epics of Homer it sets out the rights and duties of all under the authority of the headman in daily life as well as in exceptional circumstances: alliance, marriage, warfare. The thémis is of celestial origin and the plural thémistes shows the requirements originated from the code inspired by the Gods, the unwritten laws that tell, with a fixed position in people awareness, what they should do every time law and order are involved.

Both terms thémis and diké are found with Homer. One can read: “The thémis does not allow me to cause outrage to a host, for from Zeus come all hosts and poor.”; thus a foreigner is welcomed pursuant to the thémis. It is when using the term diké that we see how the concept goes beyond the family: “… that the diké of the slaves, always fearing the power of the new masters.” It is then about the relationships within various groupings. Law and order are strictly defined by the limitations under the area where they apply.

The thémis refers to justice inside the family; the diké the justice ruling the relationships among various families. Originally diké (deik-gr) means, among other meanings, to show, but how? It is about, to show what must be, a requirement which can intervene in the form of legal ruling. It should not be forgotten that diké is a phrase, delivering justice is not an intellectual exercise that would require meditation or discussion. In specific cases, phrases are transmitted and the role of the judge is to know and apply them when necessary. Likewise, in cosmological and religious space the diké for mortals is a phrase which is going to solve the fate, an imperative rule, a natural or conventional obligation.

Ius the adjuration in Rome is more a phrase, a form of oath than an abstract concept; iura is a compilation of judgments in law. It is not the ‘doing’ but always the spoken sworn statement is the constituent part of the law. It is through this act of speech that all judicial terminology is determined. To the Latins, the way to take an oath witnesses an initiator who leads the other party, by setting out the text for the one who stands up, to literally repeat the same words when touching a sacred object: it is this part of the ceremony that was essential. Taking ius as the phrase fixing the standard, the model, we can give the definition of iurare as to pronounce the ius that must be sworn in the terms of the initiator. It is this relationship that makes the ius iurandum an imperative, inescapable nature to the act. Ius designates a phrase giving the adapted behavior to the one who swears, the rule with which he will comply. The performance demands two participants: one who precedes with the ius; and the other who reproduces the phrase according to the recognized terms of the oath.

Gortyne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vocabulaire des institutions indo-européennes – Emile Benvesniste.

Le droit : Toutes les sociétés sont régies par des principes de droit quant aux personnes et aux biens. Ces règles et ces normes se marquent dans le vocabulaire. On peut poser, dès l’État indo-européen, un concept extrêmement important : celui de « l’ordre ». C’est là l’une des notions cardinales de l’univers juridique et aussi religieux et moral des Indo-Européens : c’est « l’ordre » qui règle aussi bien les rapports des hommes et des dieux ainsi que des hommes entre eux. Rien de ce qui touche à l’homme, au monde, n’échappe à l’empire de « l’ordre » : sans ce principe tout retournerait au chaos.

En grec, nous avons thesmos « disposition légale, règle, norme » et le terme le plus notable thémis. Thémis désigne le droit familial, et s’oppose à diké qui est le droit entre les familles de tribu. De plus la thémis est d’origine divine ; dans les épopées d’Homère elle fixe les droits et les devoirs de chacun sous l’autorité du chef dans la vie quotidienne autant que dans les circonstances exceptionnelles : alliance, mariage, combat. La thémis est d’origine céleste et son pluriel thémistes indique les prescriptions issues du code inspiré par les dieux, les lois non écrites qui fixent dans les consciences la conduite à tenir toutes les fois que l’ordre est en jeu.

Les deux termes thémis et diké se retrouvent également chez Homère. On lit « La thémis ne me permet pas d’outrager un hôte car c’est de Zeus que viennent tous les hôtes et tous les pauvres. » ; ainsi un étranger est reçu au sein de la famille en vertu de la thémis. L’emploi de la diké montre justement que l’on sort de la famille même : « … telle est la diké des esclaves, toujours dans la crainte du pouvoir des nouveaux maîtres. ». Il s’agit alors de rapports avec d’autres groupements. Justice et droit sont strictement définis par les limites du domaine où ils s’appliquent.

La thémis indique la justice qui s’exerce à l’intérieur du groupe familial ; la diké celle qui règle les rapports entre les familles. A l’origine diké (deik- gr.) signifie, entre autres, montrer, mais montrer comment ? Il s’agit de montrer ce qui doit être, une prescription qui peut intervenir sous la forme d’un arrêt de justice. Il ne faut pas oublier que la diké est une formule, rendre la justice n’est pas une opération intellectuelle qui exigerait méditation ou discussion. On se transmet des formules qui conviennent à des cas déterminés, et le rôle du juge est de les posséder et de les appliquer. De même dans l’espace cosmologique et religieux, la diké des mortels est une formule qui va régler le sort , une règle impérative, une obligation de nature ou de convention.

Ius ou le serment à Rome est une formule plutôt qu’un concept abstrait ; iura est le recueil des sentences de droit. Ce n’est pas le faire, mais toujours le prononcer qui est constitutif du « droit ». C’est par l’intermédiaire de cet acte de parole que se détermine toute la terminologie de la vie judiciaire. La manière de prêter serment chez les Latins voit tout d’abord un initiateur qui induit l’autre en énonçant le texte que celui qui s’engage devra répéter littéralement en touchant un objet sacré : c’est cette partie de la cérémonie qui était l’essentiel. En partant de ius, formule fixant la norme, le modèle, on définira iurare comme « prononcer le ius » qui doit être énoncé « dans les termes que celui qui précède a indiqués ». C’est cette relation obligée qui fait le caractère impératif du ius iurandum. Ius désigne bien une formule énonçant la conduite que le jurant tiendra, la règle à laquelle il se conformera. La prestation exige deux participants : celui qui précède en prononçant le ius ; et celui qui reproduit cette formule qui doit être répétée après que le personnage l’a énoncée fixant en termes consacrés le texte de l’engagement.

 

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