Hypnerotomachia Poliphili – Francesco Colonna – Il viaggio dell’anima (Ing.&Fr.)

Hypnerotomachia Poliphili is the most enigmatic text of the Renaissance and one of this period’s typographical masterpieces. Published in Venice by Aldo Manuzio in 1499, the title means: Poliphilo’s Strife of Love in a Dream. Poliphilo tells the adventures he experienced during his dream. Poliphilo and Polia visited the cemetery of unfortunate lovers, and then they crossed the sea with a vessel operated by Cupid to reach the island of Kythera, Venus homeland, embellished with a wonderful garden. The 19 photos as illustration here are my own choice.

Hypnerotomachia Poliphili is the most enigmatic text of the Renaissance and one of this period’s typographical masterpieces. Published in Venice by Aldo Manuzio in 1499, the title means: Poliphilo’s Strife of Love in a Dream. Poliphilo tells the adventures he experienced during his dream. His name means ‘Polia’s lover’ that indicates Sophia, the wisdom Poliphilo wants to achieve before marrying her. Neoplatonism is the cornerstone that forms the basis of Poliphilo’s dreamlike journey, metaphor of the Soul travel between the sensible world and the spiritual or ideal world. The psychological process experienced by Poliphilo during this journey is symbolically featured by architectonic constructions and classical monuments.

During their journey in the kingdom of love, Poliphilo and Polia witnessed Jupiter’s and other deities’ triumph. They visited the cemetery of unfortunate lovers, and then they crossed the sea with a vessel operated by Cupid to reach the island of Kythera, Venus homeland, embellished with a wonderful garden. In the time of his journey Poliphilo literally follows Plato’s symbolic indication. Plato stated that, that one who wants to know the higher fate of man, can only do two things: the first is to learn his destiny through others, the second is to discover it by himself. According to Plato, one has to rely on divine revelation that the philosopher compares with a robust vessel which allows us to cross the sea of life. During the seafaring, Poliphilo receives Eros’s cosmological divine revelation who takes command of the vessel and brings him to Venus’ island. In the time of the crossing, Poliphilo reached the highest peak of his experience and his imaginative ability. We can read in the text: “the soul meditating through all these inner voluptuousness and pleasures was reaching the most delicious delights. All my senses were sharpened to the point that only the delicious and glorious imagination could fit in my mind’s little remaining space.”

Kythera island description shows three important symbolic aspects. The first refers to the matter out of which the island is composed. Kythera island is made of crystal perfection and purity that symbolises the divine creation of Venus, from Ouranos’ or Jupiter’s sea foam. The second invokes the allegorical themes of the heavenly locus amoenus typical of the island. It is a place of eternal spring in a very mild climate, on fertile soil. The third symbolic aspect is the circular shape of Kythera; a circular planimetry arranged in three concentric crowns. These three crowns mean avaricious love (the woman never gives love to the knight lover), luxurious love (the woman gives too much by love dissipation), and finally the central crown, true love of a woman who truthfully gives her love, in a balanced way.

In the journey to the center, in other words to Venus vision, the text shows a gradual transformation of vegetal nature into mineral. The first crown is thus composed of trees, flowers and marble balusters. In the second crown the amount of flowers reduces as the marble and precious stones architectural structures (balustres, sculptures, garden ornementation) increases. Knowledge of love through the soul travel is a knowledge of the light. Whereas the vegetal world is the allegoric expression of the generation of matters with its perpetual renewal, the purity of the precious stones witnesses the abiding strength of the divine light flowing from Love nature.

Then how is it possible that Poliphilo sees, participate, knows this extraordinary world of vegetal and mineral light, of fabulous and spiritual architecture? The key to understanding is patience symbolised by the porphyry. Festina tarde, Make Haste Slowly becomes a metaphor ot he imaginative process which should not be too hasty nor too slow so that the vison remains bright and limpid. This harmonious and progressive movement could be the necessary condition for the soul to see through its imagination the divine world.

LHypnerotomachia Poliphili est le texte le plus énigmatique de la Renaissance et l’un des chef-d’œuvres typographiques de la même période. Il a été publié à Venise par Aldo Manuzio en 1499. Le titre de l’œuvre signifie : La bataille d’amour en songe de Poliphile. Poliphile raconte les aventures qui se sont passées dans son rêve. Son nom veut dire « amant de Polia », qui indique la Sophie, la sagesse que le philosophe Poliphile veut atteindre pour se marier avec elle. Le néoplatonisme est la pierre angulaire qui sous-tend le voyage onirique de Poliphile, métaphore de celui de l’âme entre le monde sensible et le monde spirituel ou idéal. Le processus psychologique que vit Poliphile dans ce voyage est figuré symboliquement par des constructions architectoniques et des monuments classiques. Pendant leur séjour dans le royaume d’amour, Poliphile et Polia ont vu les triomphes de Jupiter et des autres divinités et visité le cimetière des amants malheureux. Puis, au moyen d’un navire conduit par le dieu Cupidon, ils ont traversé la mer et rejoint l’île de Cythère, la patrie de Vénus bâtie comme un jardin merveilleux. Au cours de son voyage en bateau, Poliphile suit à la lettre l’indication symbolique de Platon. Il affirme que celui qui veut connaître le destin supérieur de l’homme ne peut faire que deux choses : la première, c’est d’apprendre son destin par les autres, la deuxième, le découvrir par soi-même. Pour Platon, il faut se fier à la révélation divine, que le philosophe compare à une « embarcation solide » qui nous permet de traverser la mer de la vie. Pendant la navigation Poliphile reçoit la révélation divine d’Eros cosmogonique, qui prend le commandement du navire et le conduit vers l’île de Vénus. Pendant la traversée, Poliphile atteint l’un des sommets les plus élevés de son expérience et de sa faculté imaginative. Dans le texte, nous lisons : « l’âme, méditant grâce à toutes ses voluptés et plaisirs intérieurs, atteignait les délices les plus mystérieux. Toutes mes capacités [sens] étaient excitées à un tel point qu’aucune autre n’avait de place, sauf celle, délicieuse et glorieuse, de l’imagination ».

La description de l’île de Cythère est caractérisée par trois aspects symboliques très importants. Le premier concerne la matière qui la constitue. L’île de Cythère est bâtie sur la perfection de la pureté du cristal céleste, ce qui symbolise la création divine de Vénus, tirée de l’écume d’Ouranos ou de Jupiter. Le deuxième aspect concerne les topoi allégoriques qui caractérisent l’île de Cythère et qui sont propres au locus amoenus paradisiaque. Il s’agit d’un lieu de printemps perpétuel, sous un climat très doux et un sol très fertile, plat et sans aspérités. Le troisième aspect symbolique est la forme circulaire de l’île de Cythère ; une planimétrie circulaire de trois couronnes concentriques. Ces trois couronnes signifient l’amour avare (la femme qui ne donne jamais son amour au chevalier amant), l’amour luxurieux (la femme qui se donne trop, par dissipation d’amour), et enfin, dans la couronne centrale, l’amour vrai de la femme qui se donne honnêtement, de façon équilibrée.

Dans le voyage vers le centre, c’est-à-dire vers la vision de Vénus, le texte indique une transformation progressive de la nature végétale en minérale. Ainsi, la première couronne comporte seulement des arbres, des fleurs et des balustres en marbre. Dans la deuxième, la présence des fleurs est réduite alors qu’augmente celle des structures architecturales (balustres, sculptures, ornements de jardin), en marbre ou en pierres précieuses. La connaissance de l’amour, à travers le voyage de l’âme, est une connaissance de la lumière. Comme le monde végétal est l’expression allégorique et naturelle de la génération des choses, avec sa rénovation perpétuelle, la pureté des pierres, toujours plus précieuses, témoigne de la force de la lumière divine qui jaillit de la nature d’amour. 

Mais comment est-il possible que Poliphile voie, participe, connaisse ce monde extraordinaire de lumière végétale et minérale, d’architecture à la fois fantastique et spirituelle ? La clé de la compréhension est la patience, symbolisée par le porphyre. Festina tarde devient une métaphore du processus imaginatif, qui ne doit être ni trop rapide ni trop lent, de façon que la vision soit toujours claire et limpide.  Ce mouvement harmonieux et graduel serait la condition nécessaire pour que l’âme puisse voir avec son imagination le monde divin. La lumière, c’est-à-dire la substance de la vision, liée à tous les splendides monuments du Songe, n’est en fin de compte que l’instrument de l’imagination sans laquelle on ne peut avoir aucune vision, ni avec les yeux extérieurs ni avec les yeux intérieurs.

 

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