Scuola in una società dell’immediatezza (Ing. & Fr.)

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Encyclopédie Médiévale – Viollet Le Duc

School – A space where one can slow down in a society of immediacy.

School is said as skholé in Greek and schola in Latin, both mean leisure. We see that the school was a space preserved from the imperatives of daily life, production, violence of adults, a place where one could take time to think, meditate and learn. Yet in today’s society based on immediacy and on the increasing rythms of changes at work, the school should be more than ever a privileged place where we take time to think and learn, a space for decelration where time is suspended. To reach this goal, three challenges must be viewed.

Scholar curricula are deemed to reflect at any given time the basic principles of a society. The adoption of a common foundation of knowledge, skills and culture seems to progress in the right direction. But these fundamentals are organised in areas which do not necessarily correspond to various academic disciplines. That is why we could reconfigure old 18th century fields from the Encylopedia to introduce disciplines adapted to current requirements: for example law, medicine, ecology, theatre and anthropology could be forwarded.

Furthermore there may be a need to rethink school organisation. There is a tendency to forget that François Guizot more than Jules Ferry imposed ‘simultaneous form of school education’ in other words, the class is a group of students of the same age and the same level doing the same thing at the same time. This is a problematic, within which two students speaking to each other can only plot against the teacher and where mutual aid is prohibited in favour of the competition of all against all the others. While generalising this system, F. Guizot prohibited the existence of the ‘mutual assistance’ model that already existed in 1830. Classes were composed of 60 to 80 students from 5 to 15 year old, the older acting as guides to the younger and those with more experience helped the weaker. Why not return to this old organisation? For example, we could group five classes for a conference, then create smaller groups of ten with the aim of thinking over what they heard. Or else to have one class of 60 students with two teachers which is much more accurate than two classes of 30 with one teacher. Also forming groups of five to have English conversation.

Finally, a good pedagogy needs to be rid of the obsession of scoring the students. To teach or to learn French, History, …, should not be considered as a competition whereupon the student will be selected, but rather as an instrument of personal emancipation enabling liberation from ignorance and prejudices. In order to get rid of this evaluation oriented education, teachers should bring up the history of knowledge to show the student how it has been constructed for an improved appropriation of knowledge, for example how did Pythagoras and Galileo concretely make discoveries? Philippe Meirieu, spécialiste de la pédagogie, professeur des universités en sciences de l’éducation à l’université Lyon-II, vice-président du conseil régional Rhône-Alpes.

Article provenant de la revue Sciences Humaines. / TRANSLATED BY MYSELF

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Encyclopédie Médiévale – Viollet Le Duc

Philippe Meirieu « Un espace de décélération dans une société d’immédiateté »

École se dit skholé en grec et schola en latin, ce qui signifie dans les deux cas « loisir ». On voit par là que l’école était un espace préservé des impératifs de la vie quotidienne, de la production et de la violence des adultes, un lieu où on prenait du temps pour réfléchir, méditer et apprendre. Or, dans la société actuelle fondée sur l’immédiateté et l’accélération des rythmes de travail, l’école devrait être plus que jamais ce lieu privilégié où l’on prend le temps pour réfléchir et apprendre, un espace de décélération dans lequel le temps serait suspendu. Pour atteindre ce but, trois enjeux sont à penser.

Les programmes sont supposés refléter les fondamentaux d’une société à un moment donné. L’adoption d’un socle commun de connaissances, compétences et culture me semble aller dans le bon sens. Mais ces fondamentaux sont organisés en champs qui ne recoupent pas forcément les différentes disciplines scolaires. Voilà pourquoi on pourrait très bien reconfigurer ces vieilles disciplines apparues au 18e siècle avec l’Encyclopédie pour en introduire d’autres, plus adaptées aux exigences du monde actuel : par exemple le droit, la médecine, l’écologie, le théâtre ou l’anthropologie pourraient également y prendre place.

Par ailleurs, l’organisation de l’école est peut-être à repenser. On a tendance à oublier que c’est François Guizot qui, plus que Jules Ferry, a imposé la « forme scolaire simultanée » – soit l’idée qu’une classe est un ensemble d’élèves du même âge et du même niveau qui font la même chose en même temps. C’est un modèle problématique, dans lequel deux élèves qui parlent entre eux ne peuvent que comploter contre le maître et où l’entraide entre élèves est interdite, au profit de la concurrence de tous contre tous. En le généralisant, F. Guizot a interdit l’existence du modèle mutuel, qui existait encore dans les années 1830. Les classes étaient faites de 60 à 80 élèves allant de 5 à 15 ans, les plus âgés servaient de moniteurs aux plus jeunes et les plus avancés aux plus faibles. Pourquoi ne pas revenir aujourd’hui à cette ancienne organisation ? On pourrait par exemple regrouper cinq classes pour une conférence et créer ensuite des petits groupes de dix, pour réfléchir sur le contenu de la conférence. Ou bien faire une seule classe de 60 élèves avec deux professeurs, ce qui est bien plus efficace que deux classes de 30 pourvues pour chacune d’un seul professeur. Ou encore des groupes de cinq écoliers pour des conversations en anglais.

Enfin, une bonne pédagogie doit se libérer de l’obsession de la notation. Apprendre à un enfant à écrire le français ne devrait pas être vécu par celui-ci comme une épreuve au terme de laquelle il sera sélectionné, mais plutôt comme un outil d’émancipation personnelle lui permettant de se libérer de l’ignorance et des préjugés. Contre un enseignement uniquement tourné vers l’évaluation, le professeur devrait plus utiliser l’histoire des savoirs pour raconter à l’enfant comment ceux-ci ont pu se constituer afin qu’il se les approprie mieux – par exemple, comment Pythagore ou Galilée ont-ils, concrètement, fait leurs découvertes ?

Philippe Meirieu, spécialiste de la pédagogie, professeur des universités en sciences de l’éducation à l’université Lyon-II, vice-président du conseil régional Rhône-Alpes.

Article provenant de la revue Sciences Humaines.

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Encyclopédie Médiévale – Viollet Le Duc

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