Gli scritti di Joyce Lussu sulla resistenza italiana. (Ing. & Fr.)

 

Joyce Lussu Rai 5

From 1940 to 1943, she participated in the organization of the Italian Resistance in France and worked alongside Emilio Lussu in hiding, in Paris at first, and then, among others, in Marseille where he is responsible for organizing the illegal exit of the wanted persons. She makes false papers for GL members.

Plural rewritings of a singular resistance: Joyce Lussu’s writings on the Italian resistance.

A distinguishing feature of the writing process of a certain number of women resistance fighters who wrote to tell their experience consists in the rewriting phenomena. Many of them have proposed different versions of their stories, either through re-edits corrected by the same text, or through the writing of different texts that include, at least partially, the same experience. This sometimes leads to a different literary genre – autobiography, or fiction. If these rewriting phenomena are particularly interesting to study, it is because they often tend to modify in a major way the self-representation that the women resistance fighters give of themselves. We will be interested here in the particular case of Joyce Lussu who is one of the rare to have practiced repeatedly the rewriting of the same text.

From 1940 to 1943, she participated in the organization of the Italian Resistance in France and worked alongside Emilio Lussu in hiding, in Paris at first, and then, among others, in Marseille where he is responsible for organizing the illegal exit of the wanted persons. She makes false papers for GL members. She goes with Lussu to Lisbon where he organizes the departure for the United States of a group blocked in Morocco, then in London where he is invited by the English Minister of War. She then goes to a military training center for a guerrilla training course. Back in Marseille, soon in the occupied zone, they try to return to Italy via Switzerland. They spend the winter of 1942-1943 in Lyon. She helps wanted persons to move to Switzerland, including the Modigliani spouses. Arrested in Annemasse, she managed to escape before being transferred to the prison of Annecy. She returns to Lyon where she learns the fall of Mussolini July 25, 1943. Emilio Lussu and her, return to Italy separately, Lussu to return clandestinely. She finally is reunited with him and they settle in Rome. Shortly after the armistice, she was instructed by the CLN to try to cross the front line to get in touch with the Badoglio government. She made contact with the Allies and returned to Rome where she was reunited with Lussu and where they remained until the liberation of the city in June 1944. Her action in the Resistance earned her a silver medal for military merit and to be demobilized with the rank of captain.

Analysis of Joyce Lussu’s rewritings is indicative of the author’s constant re-adaptation of her personal history and self-representation, according to the evolution of the reception of the historical context and the way she looks at her past. It also highlights the ambiguous status of a text which, by its autobiographical character, appears as a historical testimony, and as such, carries a requirement of truth that would imply a stability in time of the narrative content. Overall, the variations between both editions are mainly in line with the lightening and the deletion of anecdotal or somewhat emphatic passages of description. Thus, the style of the second version is much more sober and concise than that of the first. This has significant consequences on the representation that Joyce Lussu gives of herself. Indeed, the elimination of secondary episodes and secondary characters results in a greater emphasis on the author-protagonist. This is all the more striking in that the main secondary character in Joyce Lussu’s story, Emilio Lussu, is a prominent figure in the Italian Resistance. In the first version of ‘Fronti e Frontiere’, the center stage of the scene was rather occupied by the couple that Joyce formed with Emilio. The successive reworking leads, in the last edition, to the highlighting of the young woman character. Her decisions seem less the result of a consultation with her husband than an autonomous decision-making in their joint action of Resistance.

The written testimony is anchored in a historical, political and social context that strongly conditions its features. Thus there will be a significant distance between a text written just after the war, while the Resistance is still a near reality, or a text written in the 90s, while the Resistance appears as a distant fact of which the representation may seem worn out by the rhetoric of successive commemorations.

Finally, Joyce Lussu’s variants of the narrative express concerns about the changing position of women in Italian society. The temporal hindsight and the beginnings of the feminist movement, as well as Joyce Lussu’s personal experience during these twenty years, certainly explain her desire to give an image of herself more in line with her perception of the moment. In ‘Portrait’ …, Joyce Lussu tells how, during the years that followed the end of the war, Joyce Lussu and other women directly or indirectly involved in politics had to struggle to assert their legitimacy.

It seems to us that it is in writing, much more than in strictly historical evidence, that the Resistance had the role of “laboratory” of women’s emancipation for many women , becoming the place where most of ideas evolved, in the rewriting, what has been, what can be and could be the feminine identity. Estelle Ceccarini

 

Réécritures plurielles d’une résistance singulière : les écrits sur la Résistance italienne de Joyce Lussu Joyce Lussu 2

 

Une spécificité de la démarche d’écriture d’un certain nombre de résistantes qui ont écrit pour raconter leur expérience consiste dans les phénomènes de réécriture. Elles sont en effet nombreuses à avoir proposé différentes versions de leur récit, soit par le biais de rééditions corrigées d’un même texte, soit au travers de l’écriture de textes différents reprenant, de façon partielle au moins, la même expérience. Cela occasionne parfois le passage à un genre littéraire différent — autobiographie, fiction pour adultes ou pour la jeunesse. Si ces phénomènes de réécriture sont particulièrement intéressants à étudier, c’est qu’ils tendent souvent à modifier de façon majeure l’autoreprésentation que les résistantes proposent d’elles-mêmes. Nous nous intéresserons ici au cas particulier de Joyce Lussu qui est une des rares à avoir pratiqué de façon répétée et massive la réécriture d’un même texte.

De 1940 à 1943, elle participe à l’organisation de la Résistance italienne en France et travaille aux côtés d’Emilio Lussu dans la clandestinité, à Paris dans un premier temps, et ensuite, entre autres, à Marseille où celui-ci est chargé d’organiser le départ clandestin des personnes recherchées. Elle fabrique des faux papiers pour les membres de GL. Elle se rend avec Lussu à Lisbonne où il organise le départ pour les États-Unis d’un groupe bloqué au Maroc, puis à Londres où il est invité par le ministre de la guerre anglais. Elle suit alors dans un centre d’entraînement militaire un cours de préparation à la guérilla. De retour à Marseille, bientôt en zone occupée, ils tentent de rentrer en Italie via la Suisse. Ils passent l’hiver 1942-1943 à Lyon. Elle aide des personnes recherchées à passer en Suisse, dont le couple Modigliani. Arrêtée à Annemasse, elle réussit à s’échapper avant d’être transférée à la prison d’Annecy. Elle rentre à Lyon où elle apprend la chute de Mussolini le 25 juillet 1943. Emilio Lussu et elle rentrent en Italie séparément, Lussu devant rentrer clandestinement. Elle le retrouve et ils s’installent à Rome. Peu de temps après l’armistice, elle est chargée par le CLN de tenter de passer le front pour entrer en contact avec le gouvernement de Badoglio. Elle prend contact avec les Alliés puis rentre à Rome où elle retrouve Lussu et où ils restent jusqu’à la libération de la ville en juin 1944. Son action dans la Résistance lui vaudra d’être décorée de la médaille d’argent du mérite militaire et démobilisée avec le grade de capitaine.

L’analyse des réécritures chez Joyce Lussu est révélatrice de la constante réadaptation par l’auteure de son histoire personnelle et de son auto-représentation, selon l’évolution du contexte de réception et du regard qu’elle porte sur son passé. Elle fait également ressortir le statut ambigu d’un texte qui, par son caractère autobiographique, apparaît comme un témoignage historique, et à ce titre, porteur d’une exigence de vérité qui impliquerait une stabilité dans le temps du contenu narratif.    Dans l’ensemble, les variantes entre les deux éditions vont surtout dans le sens d’un allègement et de la suppression de passages de description anecdotiques ou un peu emphatiques. Ainsi, le style de la seconde version est nettement plus sobre et concis que celui de la première. Cela a des conséquences non négligeables sur la représentation que Joyce Lussu donne d’elle-même. En effet, l’élimination d’épisodes annexes et de personnages secondaires a comme conséquence une mise en relief plus importante de l’auteure-protagoniste. Cela apparaît de façon d’autant plus frappante que le principal personnage secondaire du récit de Joyce Lussu, Emilio Lussu, est un personnage de premier plan de la Résistance italienne.    Dans la première version de Fronti e frontiere, le devant de la scène était plutôt occupé par le couple que Joyce formait avec Emilio. Les remaniements successifs conduisent, dans la dernière édition, à la mise en avant de la figure la jeune femme. Ses décisions semblent moins le fruit d’une concertation avec son mari qu’une prise de décision autonome dans leur action commune de Résistance.

Le témoignage écrit s’ancre dans un contexte historique, politique et social qui le conditionne fortement. Il y aura ainsi une distance notable entre un texte écrit juste après la guerre, alors que la Résistance est encore une réalité proche, ou un texte écrit dans les années 90, alors que la Résistance apparaît comme un fait lointain dont la représentation peut sembler usée par la rhétorique des commémorations successives.
Enfin, les variantes du récit chez Joyce Lussu expriment des préoccupations liées à l’évolution de la position de la femme dans la société italienne. Le recul temporel et les débuts du mouvement féministe ainsi que le vécu personnel de Joyce Lussu pendant ces vingt années expliquent certainement sa volonté de donner d’elle-même une image plus conforme à sa perception du moment. Dans Portrait…, Joyce Lussu raconte comment dans les années qui suivirent la fin de la guerre elle, et les autres femmes engagées de près ou de loin en politique durent lutter pour affirmer leur légitimité.

Il nous semble ainsi que c’est dans l’écriture, bien plus que dans le témoignage à visée strictement historique, que se révèle le rôle de “laboratoire” de l’émancipation féminine qu’a eu, pour de nombreuses femmes, la Résistance, en devenant le lieu où s’exprime, dans la réécriture, ce qu’a été, ce que peut être et pourrait être l’identité féminine.   Estelle Ceccarini

Joyce Lussu Secondo i dati ufficiali dell_epoca le donne partigiane sono state 35mila e le stime successive parlano di almeno 2 milioni di donne coinvolte nella resistenza

Donne della resistenza italiana – Femmes dans la résistance italienne – Women of the Italian resistance

 

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